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Naturopathie

La naturopathie, qu'est-ce que c'est ?

Le mot circule partout, des magazines aux réseaux sociaux, sans que l'on sache toujours ce qu'il recouvre. Retour sur l'histoire de la naturopathie, sur ses grands principes et sur la place, encore floue, qu'elle occupe aujourd'hui en France.

Les articles de cette rubrique informent sur une pratique ; ils ne remplacent pas l'avis d'un médecin, ni un traitement en cours.

Un mot né il y a un peu plus d'un siècle

La naturopathie n'a pas surgi de nulle part. Elle puise dans des traditions très anciennes, celles qui accordaient de l'importance à l'air, à l'eau, au mouvement et à la nourriture, mais le terme lui-même est récent. Il apparaît à la toute fin du XIXe siècle et se diffuse au début du XXe, aux États-Unis, sous l'impulsion d'un homme d'origine allemande : Benedict Lust.

Jeune homme, Lust avait suivi en Bavière les cures d'un prêtre devenu célèbre pour ses méthodes fondées sur l'eau froide, Sebastian Kneipp. De retour outre-Atlantique, il fonde une école, publie des revues et adopte ce nom de « naturopathie » pour rassembler sous une même bannière des pratiques jusque-là dispersées : bains, régimes, exercices au grand air, usage des plantes.

Kneipp et l'hygiénisme, deux racines

Sebastian Kneipp reste une figure singulière. Au XIXe siècle, il popularise les affusions, les marches pieds nus dans l'herbe mouillée et les bains alternés. Mais sa méthode ne se résume pas à l'eau. Il insiste sur cinq piliers : l'eau, les plantes, le mouvement, l'alimentation et l'équilibre de vie. On retrouve là, presque mot pour mot, le cadre que revendiquent encore beaucoup de naturopathes.

L'autre racine est l'hygiénisme. Ce courant, né lui aussi au XIXe siècle, prône une vie sobre, une nourriture simple et peu transformée, le grand air, le repos. Certaines de ses idées ont plutôt bien vieilli : manger davantage de végétaux, bouger, dormir suffisamment. D'autres relèvent d'une vision du corps que la physiologie moderne n'a jamais confirmée. Il faut garder les deux en tête pour lire la naturopathie actuelle avec lucidité.

En France, l'approche s'est structurée après la Seconde Guerre mondiale, autour de quelques écoles qui ont formalisé un enseignement et un vocabulaire propres. Depuis, l'offre s'est considérablement élargie, avec des formations très différentes les unes des autres.

Les grands principes revendiqués

Si l'on écoute les naturopathes eux-mêmes, quelques idées reviennent constamment :

  • considérer la personne dans sa globalité, avec son mode de vie, son sommeil, son alimentation, son activité physique et son environnement ;
  • privilégier des moyens dits naturels, comme l'alimentation, le mouvement, la respiration, le contact avec l'eau ;
  • accorder une place centrale à la prévention et à l'hygiène de vie ;
  • rendre la personne actrice de ses habitudes plutôt que de lui proposer une solution clé en main.

Dans la pratique, une consultation ressemble souvent à un long entretien. On parle de repas, d'horaires, de stress, de fatigue ressentie. Le praticien propose ensuite des pistes : réorganiser ses menus, marcher davantage, apprendre à respirer calmement, se ménager des temps de pause. Rien de spectaculaire, et c'est souvent ce qui plaît : on prend le temps.

Une profession non réglementée en France

C'est le point qui surprend le plus. En France, il n'existe aucun diplôme d'État de naturopathe. Le titre n'est pas protégé, ce qui signifie que n'importe qui peut, en théorie, se déclarer naturopathe après quelques jours de formation, ou après plusieurs années d'études dans une école exigeante. Les deux situations coexistent.

La naturopathie fait partie de ce que les pouvoirs publics appellent les pratiques de soins non conventionnelles. Le ministère de la Santé leur consacre une page d'information sur les pratiques de soins non conventionnelles qui rappelle un principe simple : leur efficacité n'a, pour la plupart, pas été démontrée selon les standards de la recherche scientifique, et elles ne doivent jamais conduire à retarder ou abandonner un traitement.

Les séances ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie. Certaines mutuelles prévoient un forfait pour les « médecines douces », dans des limites variables selon les contrats.

Ce qu'elle est, ce qu'elle n'est pas

Présentée honnêtement, la naturopathie est une approche d'accompagnement de l'hygiène de vie. Elle peut aider certaines personnes à se poser, à observer leurs habitudes, à remettre un peu d'ordre dans leurs repas ou dans leurs nuits. Pour cela, un bon interlocuteur, à l'écoute et prudent, a son intérêt, à condition de ne pas lui demander ce qu'il ne peut pas offrir.

Elle n'est pas une médecine. Un naturopathe ne pose pas de diagnostic, ne prescrit pas d'examens et n'a pas à commenter un traitement en cours. Face à un symptôme qui dure, à une douleur inhabituelle ou à une maladie, le bon réflexe reste le médecin traitant. Un praticien sérieux le dit lui-même, sans qu'on ait besoin de le lui demander, et oriente vers un professionnel de santé dès que la situation l'exige.

C'est d'ailleurs l'un des meilleurs critères pour trouver un praticien sérieux : sa manière de parler de la médecine. S'il la dénigre, s'il promet des résultats sur une maladie ou suggère d'arrêter un médicament, la consultation doit s'arrêter là.

Une porte d'entrée vers son hygiène de vie

Au fond, ce qui intéresse beaucoup de gens dans la naturopathie, ce n'est pas tant la doctrine que ce qu'elle remet au centre : le temps passé à table, le sommeil, la marche, la respiration, le lien avec la saison. Ces sujets n'appartiennent à personne. On peut s'y intéresser seul, avec curiosité, en s'appuyant sur les repères alimentaires de base diffusés par les autorités de santé, en cuisinant davantage, en observant ce qui nous fait du bien au quotidien.

La naturopathie peut accompagner ce chemin, en complément d'un suivi médical, jamais à sa place. Garder cette distinction en tête permet d'en tirer le meilleur sans s'exposer à ses dérives.

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