Un paysage très hétérogène
Avant de chercher un nom, il faut comprendre le contexte. En France, la naturopathie n'est pas une profession de santé et ne fait l'objet d'aucun diplôme d'État. N'importe qui peut ouvrir un cabinet et poser une plaque. Cela ne signifie pas que tous les praticiens sont mal formés, loin de là, mais que les écarts sont considérables d'une personne à l'autre.
Si vous découvrez le sujet, prenez quelques minutes pour lire ce que recouvre exactement cette approche, ses origines et ses limites. Vous aborderez la première rencontre avec un regard plus juste.
Des formations aux durées très variables
C'est le premier point à éclaircir. Certaines formations se déroulent en ligne sur quelques semaines, parfois quelques jours. D'autres s'étalent sur trois ou quatre ans, avec plus d'un millier d'heures de cours, des stages encadrés et des enseignements de biologie, d'anatomie et de physiologie. Entre les deux, toutes les nuances existent.
N'hésitez pas à demander :
- dans quelle école la personne s'est formée, et pendant combien de temps ;
- si la formation comportait des cours de sciences du vivant dispensés par des intervenants qualifiés ;
- si elle a effectué des stages pratiques supervisés ;
- comment elle se tient à jour depuis.
Un praticien à l'aise avec son parcours répond volontiers, sans détour. Une réponse vague ou agacée est déjà une information.
Le rôle des fédérations
Plusieurs fédérations et syndicats professionnels de naturopathes existent. Ils fixent en général des critères d'adhésion (volume d'heures de formation, assurance professionnelle, engagement à respecter un code de déontologie) et certains proposent une procédure de réclamation.
L'adhésion à l'une d'elles n'a aucune valeur légale. Elle reste néanmoins un indice : elle montre que la personne a accepté un cadre, des règles écrites, et qu'elle peut en rendre compte. Demandez quelle fédération, puis consultez sa charte. Vous verrez vite si elle aborde clairement la question du suivi médical.
Les signaux d'alerte
Certains comportements doivent vous faire mettre fin à la consultation, sans hésiter. Les pouvoirs publics s'en inquiètent depuis plusieurs années. La Miviludes, la mission interministérielle chargée de la vigilance face aux dérives sectaires, consacre une part croissante de ses rapports aux dérives dans le domaine de la santé. La DGCCRF, de son côté, a mené des enquêtes sur les praticiens de pratiques non conventionnelles et relevé de nombreuses anomalies, notamment des allégations trompeuses.
Méfiez-vous si votre interlocuteur :
- promet de venir à bout d'une maladie, quelle qu'elle soit ;
- vous suggère de réduire ou d'arrêter un traitement prescrit, ou de ne pas faire un examen ;
- dénigre la médecine, les médecins ou les vaccins ;
- pose ce qui ressemble à un diagnostic à partir de l'iris, d'un pendule, d'un appareil mystérieux ;
- vous pousse à acheter sur place des produits qu'il vend lui-même, en quantité, souvent à un prix élevé ;
- vous incite à couper les ponts avec vos proches ou à multiplier les séances sans fin définie.
Le ministère de la Santé rappelle sur sa page consacrée aux pratiques de soins non conventionnelles que ces approches ne doivent jamais se substituer à une prise en charge médicale. Un bon praticien partage cette position et vous demandera, au contraire, si vous avez un médecin traitant.
Les questions à poser lors du premier contact
Un simple appel ou un échange de messages suffit souvent à se faire une idée. Voici quelques questions utiles :
- Comment se déroule une séance, et combien de temps dure-t-elle ?
- Combien de séances envisagez-vous en général, et à quel rythme ?
- Quelle place accordez-vous au suivi médical de vos clients ?
- Vendez-vous des produits pendant les consultations ?
- Disposez-vous d'une assurance responsabilité civile professionnelle ?
Écoutez autant le ton que le contenu. Une personne posée, qui reconnaît les limites de sa pratique, qui renvoie volontiers vers un professionnel de santé, inspire davantage confiance qu'un discours enthousiaste plein de certitudes.
Le déroulement d'une première séance
La première rencontre dure souvent entre une heure et une heure et demie. Le praticien vous interroge sur votre alimentation, votre sommeil, votre activité physique, votre rythme de travail, votre façon de gérer les tensions. Les conseils portent ensuite sur l'hygiène de vie : réorganiser ses repas, cuisiner davantage, marcher, se réserver des moments de calme, apprivoiser des exercices respiratoires.
Les notions abordées touchent souvent à la nutrition. Si vous voulez arriver avec quelques repères, le vocabulaire de la micronutrition est un bon point de départ pour comprendre ce dont on vous parlera.
Combien coûte une séance ?
Les tarifs sont libres. On observe généralement des prix allant d'une cinquantaine à une centaine d'euros pour une première consultation, parfois davantage dans les grandes agglomérations, et un peu moins pour les séances de suivi. Les séances ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie. Certaines complémentaires santé prévoient un forfait annuel pour les pratiques dites douces ; vérifiez votre contrat et demandez une facture.
Un prix très bas ne garantit rien, un prix très élevé non plus. Méfiez-vous surtout des forfaits payés d'avance pour un grand nombre de séances : rien ne justifie de s'engager ainsi avant même d'avoir rencontré la personne.
Garder la main
Le meilleur accompagnement est celui qui vous laisse libre. Vous devez pouvoir poser des questions, refuser un conseil, interrompre le suivi sans culpabilité. Si un symptôme apparaît ou persiste, c'est votre médecin qu'il faut consulter, et un naturopathe digne de ce nom sera le premier à vous y encourager.